La Colline aux lapins

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5. Le comportement

Introduction

La première chose à faire avant (ou juste après) l’adoption d’un lapin est de faire place nette dans notre tête et d’éliminer un tas de préjugés et d’idées fausses. Beaucoup d’entre nous s’attendent à ce que le lapin soit un animal doux et passif, quelque chose de semblable à une peluche ; d’autres pensent qu’il s’agit d’un animal stupide, juste bon à être un petit jouet pour un enfant mais sûrement inintéressant pour un adulte. En réalité, le lapin est un animal plein de contradictions, est c’est justement cela qui le rend si intéressant : prudent et curieux en même temps, réservé mais affectueux, vif mais aussi très paresseux et même capable d’oublier sa timidité en nous surprenant avec des comportements arrogants ou carrément agressifs, comme tous les timides le lapin demande du temps et de la patience pour exprimer pleinement sa personnalité.


SE PRÉPARER A ACCUEILLIR UN NOUVEAU MEMBRE DE LA FAMILLE

Diverses études ont démontré que le comportement du lapin domestique ne s’éloigne pas de manière significative de celui de son ancêtre le lapin sauvage ; comme ce dernier le lapin domestique est un animal social qui vit en groupes, creuse des terriers, et concentre ses heures d’activités à l’aube et au crépuscule, en réservant au contraire les heures centrales de la journée à la digestion et au repos. Cette caractéristique le rend particulièrement adapté au rythme de la vie citadine, où la majeure partie des gens travaille dans la journée et ne peut réserver que les heures du soir aux animaux domestiques. D’un autre coté, cette caractéristique est aussi à l’origine des différents problèmes que les lapins peuvent causer à la maison comme le désir irréfrénable de ronger ou creuser les canapés et dans les pots à fleurs. Avant d’acquérir ou d’adopter un lapin, il faut se poser quelques questions à propos du temps que l’on a à disposition pour se consacrer soit à l’animal en soi, soit aux inévitables travaux domestiques en extra. Il est aussi nécessaire de se poser quelques questions sur notre propre tempérament, pour savoir si le lapin est l’animal qui nous conviendrait le mieux et si nous sommes aptes à avoir un lapin comme animal de compagnie ; il convient aussi de savoir si nous sommes disposés à apprendre un mode de communication plus subtil et tout à fait différent de celui des animaux de compagnie habituels comme le chien et le chat ; et pour finir, il faut se demander si on a le sens de l’humour car il est indispensable de l’avoir pour rire des petits désastres qui arriveront inévitablement.

A propos du choix de la race, le concept de lapin domestique est souvent très étroitement lié a celui de taille naine, avec la recherche de sujets de très petite taille : Ce préjugé suppose la vente de lapereaux forts jeunes ( avec un taux de mortalité élevé dans les jours suivants l’achat ) et limite la diffusion de beaucoup de races (aussi bien des races de lapin de compagnie que des races à viande) qui seraient au contraire adaptées au rôle d’animal domestique, souvent même plus que les nerveux et délicats sujets nains. Je ne comprends pas très bien pourquoi un chat de 3,5 kg est considéré comme un petit animal, alors qu’un lapin de 3 kg est accueilli par des exclamations de surprise telles : « mais il est énorme !!! », c’est pourquoi je voudrais soutenir les lapins de moyenne et de grande taille, aussi bien les races pures que les hybrides, en rappelant qu’ils sont en général plus robustes, moins sujets aux problèmes congénitaux et dentaires que les races naines. Ils sont aussi plus résistants aux maladies et aux traumatismes, rendant possibles les traitements médicaux et chirurgicaux. Ces traitements sont souvent impraticables sur les sujets trop petits avec pour conséquence la perte inévitable de l’animal. En outre, les lapins de race moyenne à grande sont sûrement plus adaptés aux familles qui ont de jeunes enfants. Ces derniers peuvent faire sérieusement mal à un délicat lapin nain même s’ils cherchent à le manipuler avec attention. Un autre point à mettre en évidence est l’âge de l’adoption : il vaut la peine de savoir que les lapins traversent eux aussi une phase d’enfance ( durant laquelle ils apprennent les bonnes habitudes que nous cherchons à leur enseigner), une phase d’adolescence ( 4-8 mois durant lesquels ils les oublient toutes, en se comportant comme de vrais ouragans hyperactifs, en creusant, en rongeant, et en salissant lors des sorties) et enfin une de maturité ( surtout si on a veillé à les stériliser) qui finalement nous rendra le petit lapin doux et éduqué que nous croyions avoir perdu pour toujours. Surtout si nous avons peu de temps ou de patience, cela vaudrait la peine de considérer l’adoption du lapin le plus âgé parmi ceux qui cherchent un nouveau foyer. De cette manière, on s’épargne plusieurs semaines d’inévitable nervosité et de tension et nous pouvons ainsi instaurer dès le départ un rapport tout à fait satisfaisant avec notre lapin.

Une fois que la décision d’adopter un lapin est prise, nous pouvons commencer à penser à ce qui est vraiment utile pour installer notre nouvel hôte dans la maison. Même si nous avons l’intention de lui accorder une grande liberté dans la maison, le lapin a besoin d’un endroit où se réfugier pour ses moments d’intimité qui doit pouvoir se fermer au besoin ; si l’animal jouit vraiment d’une grande liberté en permanence, la grandeur de la cage, qui restera toujours ouverte, est suffisante s’il peut s’y étendre sans finir dans le coin des besoins ; si par contre il doit passer beaucoup de temps enfermé, on optera plutôt pour un enclos où l’on pourra aisément installer une place pour le repos, une autre pour le jeu, une pour les repas et la boisson, et enfin une pour les besoins de l’animal. Les accessoires indispensables sont :
- un bol pour les repas (l’idéal est un bol en céramique ou en acier) ;
- un bol pour l’eau ;
- de la litière pour les déjections ;
- des râteliers ;
- des jouets adaptés aux lapins ;
- des objets à grignoter (branches, osier, etc...).

Une fois que le nouvel arrivant s’est familiarisé avec sa nouvelle maison et avec nous, c’est alors le moment de lui accorder progressivement plus de liberté dans l’appartement. Le mot clé pour apprendre et maintenir de bonnes habitudes hygiéniques est PROGRESSIVEMENT. Les premières fois nous accordons au jeune lapin de brefs moments de liberté dans un endroit limité, par exemple une niche dans le mur fermée par un petit parc pour enfants, de manière à augmenter les chances qu’il retourne spontanément dans son enclos après quelques minutes pour faire ses besoins. Au fur et à mesure que l’habitude d’utiliser la litière se consolide, il sera possible d’augmenter le rayon d’action de notre hôte. A ce stade pourtant, nous allons être confrontés à une autre exigence du lapin surtout s’il n’est pas stérilisé : la nécessité de marquer son territoire. La présence de plusieurs bacs de litières éparpillés dans la maison résout le problème dans de nombreux cas en offrant au lapin des points fixes qu’il peut marquer de son odeur : Cette habitude peut être renforcée en portant le lapin de la cage à l’un des bacs à litière et en ne l’autorisant à en sortir que lorsqu’il y aura uriné. De cette manière, le conditionnement « utilisation du bac-liberté » se stabilisera et en peu de temps l’animal s’y rendra spontanément à peine sorti de la cage. L’utilisation du bac sera favorisée si nous fournissons des bacs grands et profonds contenant une généreuse quantité de foin : étant donné que la plupart des déjections sont émises pendant que le lapin mange, un bac assez grand pour que l’animal puisse en même temps manger et déféquer sans contamination, est particulièrement adapté pour cette espèce. La stérilisation soit du mâle soit de la femelle est clairement d’un grand secours dans l’apprentissage d’habitudes hygiéniques correctes. Un concept fondamental pour pouvoir laisser un lapin libre dans la maison, est celui de « rabbit-proofing » c’est-à-dire sécuriser l’environnement et le rendre « à l’épreuve des lapins ». Câbles électriques et téléphoniques, plantes d’appartement, livres, tissus et meubles risquent tous d’être gravement endommagés, et encore plus grave, ils risquent d’être néfastes pour le lapin qui les ronge. Il est donc fondamental de déplacer tout ce qui est possible hors de portée de l’animal et de rendre inaccessible ce qui ne peut pas être déplacé. Des plaques de plexiglas ou des planches en bois naturel peuvent être appliquées contre les angles des murs pour prévenir tout rongement. Les câbles peuvent courir dans des tubes en plastique. Les couvres lits et des toiles diverses sauvent les lits et les canapés de toute activité de creusage.

Si de cette manière, nous essayons de limiter les activités naturelles de notre lapin, nous devons en revanche lui offrir d’autres moyens pour qu’il puisse les assouvir de manière acceptable. Les lapins sont programmés pour ronger et mastiquer et ils ont besoin de le faire. Paille, foin et bois sous toutes leurs formes fournissent le substrat idéal pour une saine activité de rongement. Un panier en osier rempli de paille, de rameaux de bois frais et des jouets en bois naturel pour les perroquets fournissent beaucoup d’occasions d’assouvir ce besoin naturel ; Les paillassons en osier ou en fibres de coco sont aussi idéaux pour se reposer et ronger en même temps (du reste, les chats les aiment aussi pour se faire les griffes). Une boîte en carton offre également une infinité de possibilités : un lapin peut y entrer, sauter dessus, la ronger, la creuser, la griffer, et la transporter. Une serviette en papier peut aussi être un jouet très divertissant et économique, tout comme les rouleaux de papier ménage ou les rouleaux de papier toilette. Dans la mesure où on ne donne que du carton ou du papier naturel, ces passes-temps sont inoffensifs vu que le lapin en ingère rarement une quantité significative (à moins qu’il ne souffre de carence en fibres sur le plan alimentaire) et de toute façon son intestin peut faire passer de grandes quantités de déchets indigestibles. De nombreux lapins apprécient également les jouets pour chiens, chats ou petits enfants, pourvu qu’ils bougent, qu’ils fassent du bruit, et qu’on puisse aussi les mastiquer un peu : les petites boules en fil métallique ou en plastique dur, les jouets en bois, les trousseaux de clés en métal ou en plastique, les petits grelots sont agréables… surtout en pleine nuit quand en les utilisant on peut réveiller tout le quartier !

Interaction avec le propriétaire

Les lapins sont des animaux sociaux, qui aiment non seulement jouer tout seul mais aussi entretenir des rapports avec d’autres créatures. Beaucoup de nouveaux propriétaires de lapins, après une phase initiale de scepticisme, découvrent à quel point leur animal peut être interactif et ils sont enchantés des aptitudes communicatives de ces animaux. Mais comment parle un lapin ? Grâce à des attitudes et des postures du corps, avec des grognements, des sons et des bruits, et par une combinaison des deux.

Un lapin complètement relaxé, en paix avec le monde, se repose en étendant entièrement ses pattes et il peut même glisser sur le flan ou sur le dos. A ce moment-là, il ne faut pas le stimuler car on risque de le réveiller en sursaut, chose qui n’est agréable pour personne. Un lapin qui a envie de câlins s’approchera en revanche de son partenaire humain ou animal en se blottissant sur ses quatre pattes et en étendant le cou horizontalement avec le menton au ras du sol. Cette position indique la soumission passive soit en réponse à une agression mais aussi dans le sens affectif, par cette posture l’animal signale qu’il ne veut en aucun cas commencer une compétition … de manière similaire à un chien qui offre son ventre à son maître. Un animal tout recroquevillé avec la tête haute et les yeux bien ouverts et saillants est en revanche un animal tendu et apeuré … c’est comme cela que nous voyons le plus souvent les lapins sur la table d’examen, quand ils ne cherchent pas carrément à se réfugier en sautant dans les bras de leur propriétaire. Les lapins peuvent frissonner et s’ébrouer non pas comme d’ordinaire en raison du froid mais en réponse à une odeur ou à une saveur gênante, par exemple s’ils sont caressés par une personne lourdement parfumée. Ceci est donc une invitation à la modération de la part de celui qui a le nez sensible. Les lapins produisent une certaine variété de sons, même si en général ce sont des créatures silencieuses. Le son le plus agréable à entendre est un léger claquement de dents qui ressemble au ronronnement du chat et qui veut dire exactement la même chose, c’est-à-dire plaisir et apaisement dans un contexte social. Fort semblable est le grincement de dents, qui lui est un signe de douleur de la part d’un animal qui souffre sérieusement. La posture du corps, les yeux et le contexte nous aident à différencier ces deux sons très semblables. Après, il y a les soi-disant sons de protestation : gémissements, soufflements et bruits provenant du nez qui indiquent que l’animal préfère être seul, par exemple quand il a des petits ou qu’il fait une grossesse nerveuse. Certains lapins émettent aussi ces sons pour indiquer qu’ils n’aiment pas être soulevés. Plus sérieux sont les grognements et les grondements, parfois soulignés par un perceptible battement de dents : un lapin qui vocalise de cette manière, souvent en tapant aussi des pattes arrières sur le sol, pourrait passer à des méthodes plus directes… Les lapins communiquent beaucoup avec les pieds, en effet tout le monde connaît le tapement sonore d’un ou des deux pieds pour réclamer l’attention sur un stimulus externe potentiellement dangereux (un étranger, par exemple) ou aussi sur soi-même. Dans d’autres cas, le lapin tape du pied pour manifester sa contrariété, par exemple vis-à-vis d’une odeur qu’il n’apprécie pas, ou pour signifier aussi que ce type en blouse blanche commence à prendre trop de libertés. Les pattes servent aussi à danser : les lapins expriment leur joie au moyen d’une danse élaborée faite de sauts et de courses en cercle. Courir en cercle autours d’un autre lapin est en revanche un signal venant du rituel de la cour qui a perdu pourtant une partie de son sens sexuel car il est aussi exécuté par des sujets stérilisés. Enfin, la langue et les dents. Comme ils se lèchent entre eux, les lapins lèchent leur compagnon humain pour manifester de l’affection et pour renforcer leur lien mutuel ; un échange de tendresse est souvent sollicité par des signes de recherche d’attention comme des petits coups de museau ou aussi des légères morsures et des sons bas, gutturaux. D’autres fois, une petite morsure signale la contrariété ou la peur, par exemple d’être soulevé de manière maladroite.

Interaction avec les enfants

La décision d’adopter un animal de compagnie pour faire plaisir à un enfant est fréquente, mais il faut tenir compte de diverses choses quand on choisit un lapin. Tout d’abord un enfant en âge préscolaire ou élémentaire ne peut probablement pas s’occuper correctement d’un lapin sans risquer qu’il y ait des moments d’inattention ou des erreurs qui peuvent se révéler fatales. Par conséquent, la responsabilité de l’animal doit toujours être celle de l’adulte, même si avec le temps le jeune propriétaire apprendra avec ces quelques petites obligations à assumer des responsabilités. En outre, le tempérament nerveux et peureux des lapins ne fait pas d’eux des animaux idéaux pour des petits humains enthousiastes et bruyants, qui instinctivement essayent de manipuler et porter leurs petits animaux. L’adulte de la maison doit donc superviser attentivement les rapports entre les enfants et les lapins, en apprenant à reconnaître le langage corporel de l’animal qui indique quand celui-ci prend effectivement du plaisir en la compagnie des enfants et quand en revanche cela est pour lui une source de stress. La première chose à faire est d’apprendre aux enfants la bonne manière de dorloter un lapin et de jouer avec lui ; expliquez sans le gronder que les mauvais traitements éloigneront de lui le petit animal et qu’au contraire la gentillesse et la patience le feront approcher. Certains enfants peuvent être trop vifs ou pas suffisamment mûrs pour comprendre ces concepts ou pour suivre ces règles et donc il peut être préférable de choisir un autre animal ou d’attendre un peu avant d’en adopter un. Une autre chose à éclaircir est le fait que les lapins n’aiment pas être pris et portés, et que les rapports avec ces derniers s’entretiennent sur le sol ; Expliquez aussi aux enfants que lorsqu’ils seront plus grands, ils apprendront à le faire mais qu’avant cela, ils doivent montrer de la gentillesse et de l’autocontrôle. Un lapin de grande taille est plus adapté aux enfants par ce qu’il tombe moins dans la catégorie du petit jouet que l’on tient toujours dans la main, de la même manière qu’un robuste labrador est plus adapté pour les enfants qu’un délicat et nerveux Yorkshire. Quand le lapin commence à sortir dans la maison, il est important qu’il ait la possibilité de pouvoir se retirer en paix quand il en ressent le besoin et qu’il soit bien clair pour les enfants que lorsque l’animal est fatigué ou effrayé il a le droit de se reposer. Positionner la cage contre un mur ou derrière une petite grille de manière à ce que le lapin puisse la rejoindre mais pas l’enfant, est une garantie utile que la règle sera respectée. Le lapin n’aime pas les fêtes, il est donc bon de faire disparaître les petits animaux de la maison lors de fêtes d’anniversaire et autres. En revanche, s’il n’y a qu’un ou deux amis qui viennent à la maison, on peut leur montrer le lapin et les autoriser à jouer avec lui mais toujours sous surveillance. Aucun animal ne devrait être laissé sans surveillance avec des enfants, ceci pour éviter les accidents.

Les rapports avec les autres animaux

Entretenir des rapports avec d’autres individus est une partie importante de la vie d’un animal social comme le lapin. Des lapins gardés ensemble peuvent développer des liens très forts, surtout s’ils sont de sexes différents, et ils le manifestent en dormant ensemble et par des séances interminables de câlins et de toilettage réciproque. Certains lapins semblent avoir perdu en partie les capacités sociales naturelles de leur espèce et parfois il faut beaucoup de patience pour les amener à accepter des compagnons de leur espèce ; La stérilisation est indispensable pour avoir plusieurs lapins vivant ensemble. Même ainsi, la confrontation de deux animaux de sexe différent aboutira souvent à une cour passionnée … qui est de toute manière plus souhaitable qu’une furieuse bagarre ! Il conviendra dans certains cas de préparer le terrain en laissant les animaux se flairer entre les barreaux de la cage, en inversant les cages et en leur laissant des périodes de liberté en alternance dans une pièce, afin que les futurs compagnons puissent s’habituer à leur odeur réciproque ; Après une semaine on peut tenter la première rencontre. Il est normal qu’au début il y ait quelques courses en rond et quelques touffes de poils qui volent, mais si la situation devait devenir pesante, il est préférable de se munir d’un gicleur d’eau et de gants et de séparer les deux adversaires. Si en revanche, après les premières escarmouches, les 2 lapins s’assoient dans deux angles de la pièce et commencent à se toiletter, il ne s’écoulera pas beaucoup de temps avant qu’ils ne se toilettent réciproquement. Si l’amitié commence à s’instaurer, partager des situations de léger stress, par exemple un voyage en voiture, peut aider à établir un vrai lien. Il vaut la peine d’insister un peu car une fois le but atteint, il sera alors évident que nos animaux sont plus heureux et sereins ensemble que lorsqu’ils vivaient seuls. Les lapins développent des relations avec d’ autres animaux domestiques, et ils peuvent instaurer avec eux une hiérarchie sociale. On peut parfois voir un lapin sûr de lui essayer de dominer les autres membres de la famille, les êtres humains y compris. Les chats et les lapins peuvent être de bons amis, il y a des chats et des lapins qui n’aiment pas du tout les membres de leur propre espèce mais qui vivent en harmonie avec ceux d’une autre. Si on évite d’introduire un jeune lapin très petit auprès d’un chat adulte ou un chaton auprès d’un lapin de 5 kilos, la probabilité que les animaux se fassent du mal est très faible pourvu que tous les deux aient les ongles coupés courts. Le rapport avec les chiens est plus délicat. S’il est vrai qu’il est plus facile de convaincre un chien respectueux des chats d’accepter un nouveau membre de la famille, il est aussi vrai que l’instinct de chasseur du chien peut ressurgir à l’improviste et qu’une simple erreur peut être fatale : Pour cette raison, il est plus facile d’amener un jeune lapin dans une maison où vit déjà un chien ( à condition qu’il soit bien éduqué et correctement sociabilisé) que d’introduire un jeune chien impétueux dans l’espace où vit un lapin qui n’a aucune expérience avec les grands prédateurs. Si l’on veut que cette cohabitation soit un succès, il est fondamental d’être sûr que le chien voie le lapin comme un membre de la famille (et non pas seulement comme un objet interdit appartenant au maître) et d’inculquer au chien que les jeux de poursuite avec le lapin NE SONT PAS permis, même si le lapin le stimulera probablement. Avec les races tranquilles, on peut arriver à une confiance totale si bien que l’on peut laisser les animaux seuls pour des périodes de temps indéterminées. Avec les races qui ont un fort instinct de prédation comme les terriers, les limiers et beaucoup de chiens de défense, il est probablement plus sûr de se limiter à des périodes de jeux sous surveillance. Comme lorsque l’on introduit un jeune enfant vis-à-vis d’un chien, il est important que la présence du lapin soit toujours pour le chien une source de relaxation et de câlins et non de frustration, ceci pour éviter l’apparition de sentiments négatifs envers le nouveau membre de la famille qui l’éloigne du maître. Pour cette raison, il est sage d’attendre que l’habitude de voir le lapin derrière les barreaux de la cage assoupisse la pulsion de prédation de manière à ne pas avoir à reprendre sévèrement le chien quand on tentera la première rencontre libre. Un compagnon moins contraignant pour un jeune lapin solitaire est le cochon d’Inde. Ces deux espèces ont des besoins physiques et psychologiques assez semblables et ils partagent des espaces assez semblables, c’est pourquoi ils vivent plutôt bien ensemble. Les cobayes sont en général plus timides (également à cause de la différence de taille), c’est pourquoi les lapins destinés à vivre avec eux doivent être stérilisés afin de limiter les comportements agressifs et les approches sexuelles pesantes.

Conseils généraux et problèmes particuliers

Le renforcement positif

Il est maintenant reconnu que l’apprentissage avance plus vite et donne de meilleurs résultats s’il est accompagné de récompenses plutôt que de punitions. Ceci est d’autant plus vrai avec une espèce comme le lapin, caractérisée par des réactions marquées d’hésitation. Il convient donc de bannir du rapport avec le lapin toute forme de violence et de déterminer en revanche un aliment que notre nouvel animal apprécie plus que les autres. Celui-ci devra être donné avec une extrême parcimonie et seulement pour récompenser un comportement désiré (usage de la litière, réponse à l’appel, rentrer dans la cage, se laisser prendre dans les bras, …)

Interaction physique

Bannir la hâte est le secret pour gagner la confiance du lapin. Quand notre nouvel hôte arrive, les premiers jours il est préférable de le laisser tranquille dans sa cage le temps qu’il s’acclimate. Après un ou deux jours, nous pouvons commencer à lui faire entendre notre voix et à lui faire sentir notre odeur à travers les barreaux de la cage en lui donnant en même temps des récompenses en nourriture. L’animal pourra être laissé libre seulement de manière progressive, mais ne nous faisons pas d’illusions ; même le petit lapin qui prend goulûment la salade dans notre main sera probablement terrorisé dans un espace ouvert avec un monstre de 70 kg pleins de membres gesticulants. L’approche juste sera donc de s’asseoir sur le sol (en lisant ou en téléphonant) jusqu’à ce que ce soit lui qui s’avance prudemment pour enquêter ; Alors il trouvera de nouveau l’odeur familière et l’attente du début. Avec le temps, il sera possible de se mouvoir de façon plus naturelle et de prendre toujours plus l’initiative du contact avec notre lapin.

Boire à la seringue

Ceci est une habitude que le propriétaire sage introduira dès les premiers jours. Le bout d’une seringue (sans aiguille !) pleine d’eau sucrée ou de jus de fruit sera trempée dans le sucre ou dans de la confiture (sans exagérer !) et sera présentée au jeune lapin. La première fois, attendons-nous au fameux bond dégoûté de toutes les fois où nous touchons son petit museau chatouilleux, mais à peine se sera-t-il rendu compte qu’une gorgée de liquide doux suit le chatouillement initial, il commencera à apprécier la seringue …, cet apprentissage nous facilitera beaucoup la vie lorsqu’il sera nécessaire d’administrer un médicament à notre animal, ou pour le nourrir de force.

Ronger

Le principal problème dû à la liberté d’un lapin dans la maison est la compulsion de ces animaux à explorer l’environnement avec leurs dents et à ronger une grande variété de substances, parmi lesquelles les câbles, les objets en plastique ou en gomme, les livres, les tapis, les tissus, les tapisseries et les coins des murs. Les lapins traversent fréquemment des périodes de passion pour des objets particuliers ( ex : dérouler tout le papier toilette) puis ils les oublient pour tourner leur attention sur autre chose. Ce comportement est profondément lié au lapin et il ne peut être qu’en partie modifié par notre intervention. Le propriétaire peut tenter de dissuader le lapin de l’action commencée en tapant fortement du pied sur le sol, en récompensant l’animal s’il s’arrête et en lui offrant quelque chose d’alternatif, par exemple une branche. Pour les animaux plus têtus, on peut unir au son et à la voix un petit jet d’eau : De nombreux lapins résistent cependant aux tentatives de correction en secouant la tête et les épaules, avec un geste curieusement semblable à notre propre haussement d’épaules. Ces sujets sont particulièrement sûrs d’eux et pour eux il est mieux de compter sur un parfait « bunny-proofing ». Les répulsifs pour chiens et chats ou d’autres substances très parfumées, comme les lotions après–rasage ou les crèmes de massages fonctionnent avec certains lapins. Cependant, il est improbable qu’à eux seuls, ils puissent éliminer complètement le problème.

Les comportements éliminatoires inappropriés

Ce genre de problèmes dépend d’un mauvais apprentissage acquis durant l’enfance. Beaucoup de nouveaux propriétaires de lapins « n’ont pas le cœur » à garder enfermé le jeune lapin pendant les premières semaines qui suivent l’achat et à ne leur donner que progressivement de la liberté. Pourtant, de cette manière, l’utilisation du bac à litière ne se stabilise pas et l’animal salira le sol. Les lapins des deux sexes non stérilisés utilisent l’urine et les selles pour marquer leur territoire : sol, meubles, lits, canapés mais aussi le propriétaire et les autres animaux de la maison peuvent être marqués par d’odorants jets d’urine. Bien que ce comportement ne se manifeste en général pas avant 4-6 mois, on peut aussi occasionnellement le constater chez des sujets plus jeunes. La stérilisation chirurgicale est la solution tout en sachant que les progrès sont rapides chez les mâles (quelques jours) alors que chez les femelles les comportements indésirables peuvent persister pendant quelques mois.

Grossesse nerveuse, construire un nid

Ce comportement peut se vérifier chez les femelles non-stérilisées qui commencent à s’arracher les poils de l’abdomen, à construire un nid (augmentation du rongement lors des balades dans la maison) à défendre un espace autours d’elle de manière notoirement agressive. La stérilisation est fondamentale dans ces cas, non seulement pour corriger le comportement indésirable, mais aussi parce que ces fluctuations hormonales signalent souvent des problèmes au niveau de l’appareil reproducteur comme des kystes ovariens ou des néoplasies utérines.

Agressivité envers les humains

Les lapins ont des caractères individuels et de la personnalité. L’expression de la personnalité d’un animal est sa propre perception à l’intérieur de la hiérarchie sociale et sa tentative de l’améliorer. Un comportement agressif est souvent la solution qu’un animal trouve pour résoudre ce problème. Dans certains cas, ce comportement peut être induit inconsciemment par le propriétaire lui-même qui réagit de manière exagérée aux légères morsures exploratrices du jeune lapin ou à celles d’avertissement d’un animal adulte, du genre « laisse- moi passer » ou « pose-moi ». Si un animal réalise qu’en mordant il suscite de la peur et du respect, il le refera sûrement et il apprendra que c’est un moyen facile et efficace pour obtenir ce qu’il désire. Dans d’autres cas en revanche, le comportement agressif est déterminé par des stimulations hormonales : un mâle entier peut mordre par frustration sexuelle, beaucoup de femelles entières sont cycliquement agressives et plutôt possessives vis-à-vis de la cage et de l’endroit où elles se reposent. La stérilisation est évidemment la meilleure thérapie pour ces cas-là. Si le comportement de défense du territoire persiste partiellement après la stérilisation, il convient en premier de nettoyer la cage et l’endroit où l’animal se repose en l’absence du propriétaire des lieux, ceci afin d’éviter des stress répétés et ensuite de commencer à associer la présence de nos mains dans la cage à une friandise. Plus la cage est grande, plus il est facile d’habituer le lapin à la partager temporairement avec nos mains. Enfin, certains lapins peuvent être dominants par nature et imposer leur personnalité en attaquant et en mordant même sans provocation. Avec ce genre de sujets, une approche stoïque fonctionne bien, par exemple en adressant en réponse à l’agression des caresses, des friandises et un contact corporel. Après un certain temps, les manifestations agressives sont substituées à des rituels de salutations quand bien même un peu exubérants.

Agressivité envers d’autres animaux

L’agressivité envers les animaux de la même espèce est due en grande partie au contexte hiérarchique et la stérilisation ne peut donc pas complètement l’éradiquer. Une approche prudente, graduelle aide à stabiliser des rapports cordiaux entre 2 lapins qui ne se connaissent pas ; cependant même les animaux habitués à cohabiter avec d’autres peuvent à l’occasion devenir compétitifs et se faire sérieusement mal. De la même manière, certains lapins (surtout les femelles) peuvent ne jamais réussir à cohabiter pacifiquement et doivent donc être gardés séparément. Il peut aussi arriver que dans un groupe de lapins, l’un d’eux assume le rôle de paria et soit attaqué par tous les autres ; ces sujets ne seront pas agressés si l’espace est assez grand pour maintenir les distances, mais ils peuvent souffrir de manière pesante s’il n’y a pas de mangeoires, d’abreuvoirs et de places de repos en suffisance pour leur permettre d’avoir une vie normale sans interférer avec les dominants. Une situation potentiellement très dangereuse se concrétise quand un lapin très dominant, cherche à soumettre le berger allemand de la famille, étant aveuglé par le fait que le chien est toujours soumis à l’obéissance au patron. En général, il est toujours déconseillé de laisser un chien et un lapin seuls, le lapin pouvant devenir envahissant et harcelant dans ses offres sociales et il peut susciter chez le chien des réactions de défense ou d’avertissement qui peuvent être très dangereuses même sans mauvaise intention de la part du chien. Naturellement, tout ceci n’est seulement qu’un ensemble de règles, ce sera ensuite la cohabitation avec votre propre lapin qui vous enseignera son mode particulier de communication. Cependant pour apprendre une nouvelle langue, un peu de patience est indispensable au début de la cohabitation.

PSYCHOPATHOLOGIE DE SA VIE QUOTIDIENNE Dr. Alessandro Melillo, Med.Vet., membre SIVAE

Approfondissement :

Le langage du lapin ou le RABBIT TALK

Le comportement du lapin

House Rabbit society : articles en français

House Rabbit Society : articles en anglais

Articles sur le comportement





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